Sharjah Booksellers Conference 2026 avec Sheikha Bodour | Die Geissens Real Estate | Luxus Immobilien mit Carmen und Robert Geiss – Die Geissens in Dubai
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Sharjah tourne la page

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À Sharjah, les livres deviennent des points de rencontre lors de la Sharjah Booksellers Conference 2026. Libraires, éditeurs, auteurs et acteurs culturels y explorent les nouveaux modèles économiques, les usages numériques et la place des librairies indépendantes. Avec Sheikha Bodour Al Qasimi, l’événement défend une vision globale de la chaîne du livre, où culture, éducation et développement urbain se renforcent mutuellement.

Le premier bruit que l’on entend n’est pas celui d’une scène. C’est celui des pages. Une couverture que l’on ouvre, un livre que l’on feuillette, un titre que l’on prononce dans un couloir animé. À la Sharjah Booksellers Conference 2026, le livre n’est pas un objet immobile. Il circule, provoque des conversations et change de mains.

Libraires, éditeurs, auteurs, bibliothécaires et institutions culturelles se retrouvent pour regarder leur secteur en face. Les discussions portent sur la distribution, le commerce en ligne et les nouveaux outils numériques. Mais elles parlent aussi de confiance. Un bon libraire ne se contente pas de montrer une étagère. Il pose une question, se souvient d’une lecture précédente et propose parfois un ouvrage auquel le lecteur ne s’attendait pas.

Un métier en pleine transformation

La découverte d’un livre ne suit plus un seul chemin. Un lecteur peut apercevoir un titre sur son téléphone, écouter un extrait audio, commander en ligne puis entrer en librairie pour tenir l’édition papier entre ses mains. Les habitudes se croisent. Le numérique ne supprime pas le lieu physique, mais il en modifie le rôle.

Pour les librairies indépendantes, le défi est réel. Elles doivent être visibles sur internet, comprendre les nouvelles communautés de lecteurs et proposer une expérience qui ne se réduit pas au prix. Leur force réside souvent ailleurs : dans la sélection, la proximité et la personnalité. Une étagère bien pensée peut devenir une conversation silencieuse.

La conférence offre un espace pour chercher des réponses concrètes. Comment attirer les jeunes lecteurs ? Comment aider les petites librairies à utiliser les outils numériques ? Comment travailler avec les écoles, les universités et les bibliothèques ? Et comment donner envie de lire à une époque où l’attention est disputée par une infinité d’écrans ?

La vision de Sheikha Bodour

Sheikha Bodour Al Qasimi défend une approche qui considère l’édition comme un véritable écosystème. L’auteur a besoin d’un éditeur et d’un traducteur. L’éditeur a besoin d’une distribution efficace. La librairie a besoin de lecteurs. Chaque maillon renforce les autres.

Cette vision s’inscrit naturellement dans l’identité de Sharjah. L’émirat s’est imposé comme un centre culturel et éducatif international, notamment grâce à ses événements littéraires, ses bibliothèques et ses initiatives éditoriales. Le message est simple : la lecture n’est pas une activité secondaire. Elle fait partie des infrastructures intellectuelles d’une ville.

« Les lecteurs viennent encore pour un conseil », pourrait dire un libraire entre deux sessions. « Oui, mais ils nous découvrent souvent en ligne », lui répondrait un collègue. Ces deux réalités coexistent. L’avenir appartiendra aux acteurs capables de conjuguer technologie et relation humaine.

La librairie comme lieu de vie

On n’entre pas toujours dans une librairie avec un titre précis en tête. On cherche parfois un cadeau, une idée, un peu de calme. Les meilleures adresses accueillent toutes ces attentes. Elles proposent une rencontre plutôt qu’une simple transaction.

Le programme d’une librairie moderne peut ainsi dépasser largement la vente de livres :

  • rencontres avec des auteurs et débats littéraires
  • ateliers pour enfants et visites scolaires
  • clubs de lecture et événements de quartier
  • partenariats avec bibliothèques et universités
  • catalogues numériques, newsletters et boutiques en ligne

Ces initiatives créent de l’attachement. Un parent vient pour un atelier jeunesse, puis revient acheter un roman. Un étudiant entre pour un manuel et découvre une maison d’édition. Un visiteur assiste à une rencontre et repart avec un livre recommandé personnellement.

Cette vitalité a aussi une dimension urbaine. Les librairies animent les rues, prolongent la fréquentation des quartiers après les heures de bureau et s’associent naturellement aux cafés, aux galeries, aux écoles et aux espaces publics. Elles contribuent à créer des destinations, pas seulement des bâtiments.

La littérature arabe au-delà des frontières

Sharjah est également un point d’observation privilégié pour la circulation internationale de la littérature arabe. La traduction ne consiste pas uniquement à transposer des mots. Elle ouvre un passage entre des marchés, des sensibilités et des histoires différentes.

Les libraires jouent ici un rôle de sélection. Ils peuvent faire découvrir des œuvres internationales tout en donnant davantage de visibilité aux voix arabes et régionales. Leurs rayons deviennent une fenêtre ouverte sur le monde, sans perdre leur ancrage local. Cette double fonction donne au commerce du livre une portée culturelle particulière.

Les choix de demain

Les grandes questions de la profession sont très concrètes. Comment les lecteurs découvrent-ils un titre ? Comment financer la traduction et le travail éditorial ? Comment toucher les adolescents ? Quelle place donner à l’intelligence artificielle ? Et comment utiliser les données sans rendre l’expérience froide et impersonnelle ?

La réponse ne viendra probablement pas d’un outil unique. Elle viendra de la coopération. Éditeurs, libraires, plateformes, établissements scolaires et institutions culturelles peuvent partager leurs compétences. L’innovation doit élargir le travail du libraire, non effacer son intuition.

À la fin d’une journée de conférence, le moment décisif peut se dérouler loin de la scène principale. Deux professionnels s’arrêtent devant une table de nouveautés. L’un prend un livre, observe sa couverture et dit : « Celui-ci, il faut le montrer. » Tout est là. La culture du livre commence souvent par une recommandation simple, offerte au bon moment.

Immobilier et investissement

Pour l’immobilier, cette dynamique culturelle n’est pas anecdotique. Les événements littéraires et les librairies renforcent l’identité d’un quartier et soutiennent l’attractivité des projets mixtes bien desservis. Librairies, bibliothèques, cafés, écoles et espaces événementiels génèrent ensemble des flux et une qualité de vie qui profitent aux habitants comme aux visiteurs.

Les investisseurs s’intéressent de plus en plus au placemaking, c’est-à-dire à la capacité d’un projet à créer un lieu identifiable et vivant. Un environnement culturel peut soutenir la valeur à long terme des commerces et des logements, surtout lorsque les transports et les espaces publics sont de qualité. À Sharjah, le monde du livre montre ainsi comment culture, éducation et développement urbain peuvent avancer côte à côte.